Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D : test et avis
Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D associe la photographie rapprochée, la bascule et le décentrement. Je l’ai acheté d’occasion en 2015 pour orienter le plan de netteté dès la prise de vue, avant de l’utiliser en packshot, en portrait et pour créer des effets de flou.
Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Document Nikon
Sommaire
- Présentation générale
- Pourquoi choisir un objectif à bascule en macrophotographie ?
- Construction et prise en main
- Tilt : bascule et loi de Scheimpflug
- Macrophotographie, packshot et photographie de produit
- Shift : décentrement et correction des perspectives
- Qualité optique, bokeh et résistance au flare
- Utilisation en portrait
- Utilisation créative de la bascule
- Limites et raisons de la revente
- Caractéristiques techniques
- Courbes MTF et formule optique
- Conclusion et avis
- FAQ
Présentation générale
Présenté par Nikon en 2008, le PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D est un objectif en monture Nikon F réunissant trois fonctions généralement proposées par des optiques différentes :
- une focale de 85mm adaptée au portrait et à la photographie de produit ;
- une mise au point rapprochée avec un rapport de reproduction maximal de 1:2, soit 0,50× ;
- des mouvements de bascule et de décentrement permettant de modifier le plan de netteté ou de corriger la perspective.
Le terme Micro utilisé par Nikon correspond ici à une reproduction maximale de 1:2 et non de 1:1. Sur un capteur 24 × 36mm, un sujet mesurant environ 72 × 48mm peut donc remplir entièrement l’image.
La focale de 85mm procure une distance de travail plus confortable qu’un objectif macro plus court. Elle facilite notamment l’éclairage de petits objets, en laissant davantage de place entre la lentille frontale, le sujet et les sources lumineuses.
Pourquoi choisir un objectif à bascule en macrophotographie ?
En macrophotographie, la profondeur de champ devient rapidement très faible. Fermer le diaphragme permet d’augmenter la zone de netteté, mais cette solution atteint vite ses limites lorsque le sujet est petit, profond ou photographié en biais.
Il reste possible de fermer jusqu’à f/22 ou f/32, mais la diffraction réduit progressivement le contraste et la restitution des plus fins détails. Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D apporte une autre réponse : plutôt que d’augmenter uniquement la profondeur de champ, sa bascule permet d’orienter le plan de mise au point afin de le rapprocher du plan principal du sujet.
C’est précisément pour cette fonction que je me suis intéressé à cet objectif. Je souhaitais réaliser dès la prise de vue des images dans lesquelles un objet photographié en perspective apparaîtrait net sur une plus grande partie de sa surface, sans devoir recourir systématiquement à un empilement de mises au point.
J’en ai acheté un exemplaire d’occasion en 2015.
Construction et prise en main
Le PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D est un objectif entièrement manuel pour la mise au point. Il ne possède ni autofocus ni stabilisation. Sa construction repose sur un ensemble mécanique relativement complexe, comprenant plusieurs molettes et verrouillages destinés à contrôler les mouvements.
La manipulation demande davantage de méthode qu’avec une focale fixe classique :
- une molette commande le décentrement ;
- une seconde commande la bascule ;
- deux petites molettes permettent de freiner ou de verrouiller les mouvements ;
- un levier autorise la rotation de l’ensemble autour de l’axe de la monture.
Le décentrement atteint ±11,5mm et la bascule ±8,5°. L’objectif peut tourner de 90° vers la droite ou vers la gauche, avec des positions crantées tous les 30°. Dans sa configuration d’origine, les axes de bascule et de décentrement sont perpendiculaires.
Avec ses 635g, l’objectif n’est pas excessivement lourd, mais son mécanisme le rend plus encombrant et moins rapide à régler qu’un 85mm traditionnel. Les mouvements doivent être ramenés à zéro avant de faire pivoter l’ensemble, sous peine de coincer les doigts entre l’objectif et le boîtier.
La bague de mise au point est large et suffisamment démultipliée pour effectuer des ajustements précis sur un sujet immobile. Le trépied devient rapidement indispensable lorsqu’on utilise simultanément la mise au point rapprochée et les mouvements de l’objectif.
Tilt : bascule et loi de Scheimpflug
La bascule, ou tilt, modifie l’angle entre l’axe optique de l’objectif et le plan du capteur. Elle permet ainsi de faire pivoter le plan de netteté.
Principe de la bascule du Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Document Nikon
Cette utilisation repose sur la loi de Scheimpflug. Lorsque le plan du capteur, le plan de l’objectif et le plan du sujet sont prolongés, ils doivent se rencontrer suivant une même ligne. En orientant correctement l’objectif, le plan de mise au point peut alors suivre une surface qui n’est pas parallèle au capteur.
La bascule n’augmente donc pas véritablement la profondeur de champ au sens optique. Elle modifie surtout son orientation. Une faible profondeur de champ subsiste de part et d’autre du plan de netteté, mais celui-ci peut être aligné avec la surface principale d’un objet.
Pour un produit disposé sur une table et photographié de trois quarts, une légère bascule vers le bas permet par exemple de rendre nets son premier plan et sa partie arrière sans devoir fermer exagérément le diaphragme.
Le réglage demande plusieurs ajustements successifs :
- placer le boîtier et composer l’image ;
- effectuer une première mise au point ;
- appliquer une faible bascule ;
- refaire la mise au point ;
- contrôler les zones proches et éloignées du sujet ;
- corriger progressivement l’angle de bascule.
Une modification de la bascule impose presque toujours de reprendre la mise au point. Le trépied, la visée agrandie en mode Live View et un déclenchement sans vibration sont donc particulièrement utiles.
Macrophotographie, packshot et photographie de produit
Peu après son achat, cet objectif m’a servi à réaliser les photographies du catalogue d’un fabricant de claviers de digicodes, de contacteurs et de composants électroniques. Le studio avait été improvisé directement dans les locaux de l’entreprise.
Composants électroniques photographiés avec le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Photo : © Sebastien Desnoulez
La focale de 85mm était bien adaptée à ce travail. Elle permettait de cadrer précisément de petits éléments tout en laissant suffisamment de place pour positionner les éclairages. La bascule aidait à répartir la netteté sur des composants photographiés en perspective, notamment lorsque leurs contacts, leurs touches ou leurs inscriptions se trouvaient sur des plans différents.
Interrupteurs électroniques photographiés en studio avec le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Photo : © Sebastien Desnoulez
Le rapport de reproduction maximal de 1:2 suffisait pour la majorité de ces produits. Il permettait de photographier de petits composants sans atteindre les contraintes plus importantes du rapport 1:1, notamment en matière de profondeur de champ, d’éclairage et de risque de bougé.
Clavier de digicode réalisé pour un catalogue de produits électroniques - Photo : © Sebastien Desnoulez
Dans ce type de prise de vue, l’objectif offre une véritable cohérence : perspective naturelle, excellente restitution des détails, absence d’autofocus susceptible de modifier involontairement la mise au point et possibilité de contrôler précisément le plan de netteté.
Ces photographies sont presque brutes de prise de vue : les fichiers RAW ont simplement été développés puis recadrés au format carré. L’éclairage ayant été construit et équilibré avant le déclenchement, aucune retouche locale, aucun détourage ni aucune correction de lumière n’ont été nécessaires. C’est l’un des réflexes hérités de ma formation en argentique, et plus particulièrement du travail en diapositive, où l’exposition, la lumière et le cadrage devaient être justes dès la prise de vue.
La bascule ne remplace toutefois pas totalement le focus stacking. Pour un sujet présentant plusieurs volumes éloignés les uns des autres, aucun plan unique ne peut rendre toutes les parties parfaitement nettes. L’empilement de plusieurs images reste alors plus efficace.
Shift : décentrement et correction des perspectives
Le décentrement, ou shift, déplace l’objectif parallèlement au capteur sans modifier l’orientation du boîtier.
Principe du décentrement du Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Document Nikon
En photographie d’architecture, cette fonction permet de conserver le capteur vertical tout en déplaçant le cadrage vers le haut. Elle évite ainsi d’incliner le boîtier et de provoquer la convergence des lignes verticales, comme je l’explique dans l’article Photographie d’architecture : pourquoi utiliser un objectif à décentrement ?
En pratique, une focale de 85mm est rarement la plus appropriée pour photographier un bâtiment entier. Il faut disposer d’un recul important, ce qui est statistiquement beaucoup moins fréquent qu’avec un Canon TS-E 17mm f/4L, un 19mm ou un 24mm.
Le décentrement du 85mm peut néanmoins être utile pour photographier un détail architectural, une façade depuis un bâtiment opposé ou un objet dont on souhaite modifier le cadrage sans changer l’orientation du capteur.
La Défense – Mise au point rapprochée avec la Grande Arche à l’arrière-plan - Photo : © Sebastien Desnoulez
En photographie de produit, le décentrement peut également servir à affiner une composition sans déplacer le trépied ou à éviter que le reflet de l’appareil apparaisse directement dans une surface brillante.
Qualité optique, bokeh et résistance au flare
Définition et contraste
Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D m’a immédiatement convaincu par sa définition. Les petits caractères, les surfaces métalliques et les détails des composants électroniques étaient reproduits avec une grande précision.
La qualité ne se limitait pas à la macrophotographie. Utilisé sans bascule ni décentrement, l’objectif se comportait comme un excellent 85mm manuel. Il délivrait des images contrastées et détaillées dès les grandes ouvertures, avec une bonne homogénéité lorsque le diaphragme était légèrement fermé.
En décentrement important, les bords de l’image utilisent une zone plus périphérique du cercle optique. Il est alors préférable de fermer le diaphragme afin d’améliorer l’homogénéité et de conserver une restitution régulière jusque dans les angles.
Traitement nanocristal et contre-jour
La lettre N visible sur la plaque de l’objectif signale la présence du traitement Nikon Nano Crystal Coat. Celui-ci limite les réflexions internes, les images fantômes et la perte de contraste provoquée par des sources lumineuses placées dans le cadre ou à proximité.
Bokeh et résistance au flare du Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Photo : © Sebastien Desnoulez
Cette résistance au flare était particulièrement utile en studio, lorsque des sources lumineuses éclairaient directement des objets brillants ou transparents. Les neuf lamelles arrondies du diaphragme contribuaient par ailleurs à produire des zones floues progressives et agréables.
Photographie de produit et gestion des sources lumineuses avec le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Photo : © Sebastien Desnoulez
Utilisation en portrait
J’ai également utilisé cet objectif lors de séances de portrait en studio. Sa définition, son contraste et le rendu naturel de la focale de 85mm me conduisaient parfois à le préférer à mon Nikon AF-S Zoom-Nikkor 80-200mm f/2.8D IF-ED.
Portrait en studio réalisé avec le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Photo : © Sebastien Desnoulez
Ces séries étaient éclairées par des torches Profoto alimentées par un générateur Pro-7b. Compte tenu de la puissance des flashes, je travaillais généralement entre f/5.6 et f/8. Le fond, placé suffisamment loin du modèle, restait flou malgré cette ouverture : il n’était donc pas nécessaire de photographier à f/2.8.
La focale et la perspective restaient adaptées au portrait serré ou au buste. À ces diaphragmes, l’objectif produisait un rendu très défini, sans devenir artificiellement dur lorsque l’éclairage était correctement réglé.
La mise au point manuelle constituait toutefois une contrainte réelle. Sous la lumière relativement faible des lampes pilotes, il n’était pas toujours facile de distinguer précisément la netteté sur les yeux. Le sujet devait également rester suffisamment immobile entre la mise au point et le déclenchement.
Pour une séance dynamique, le 80-200mm autofocus restait donc plus pratique. Le PC-E 85mm convenait davantage aux portraits posés et soigneusement éclairés.
Utilisation créative de la bascule
En dehors du packshot et du portrait, cet objectif m’a surtout servi en mode Tilt pour réduire volontairement la zone de netteté.
En inclinant le plan de mise au point dans la direction opposée à celle utilisée pour étendre la netteté, il est possible de ne conserver qu’une bande étroite de l’image réellement nette. Les autres zones deviennent rapidement floues.
La Défense – Effet de miniature obtenu par bascule du plan de netteté - Photo : © Sebastien Desnoulez
Lorsque la photographie est prise depuis un point élevé, cet effet peut donner à une scène urbaine l’apparence d’une maquette. Le résultat provient du contraste entre une zone centrale nette et des parties proches et éloignées fortement floues.
La Villette – Utilisation créative de la bascule sur une installation de chaises - Photo : © Sebastien Desnoulez
La bascule permet aussi d’isoler un élément dans une scène complexe sans nécessairement rechercher l’effet miniature. La zone nette peut être verticale, horizontale ou oblique selon la rotation de l’objectif et l’orientation du mouvement.
Versailles – Utilisation de la bascule pour concentrer la netteté sur la fontaine - Photo : © Sebastien Desnoulez
Pour une démarche purement créative, je préférais toutefois le freelensing. En libérant complètement l’objectif de la monture, cette technique autorise des angles et des déplacements plus importants, au prix d’une mise en œuvre moins contrôlée et de risques supplémentaires pour le capteur. Le PC-E 85mm reste plus précis et reproductible, mais son effet est aussi plus encadré.
Limites et raisons de la revente
Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D est un objectif très spécialisé. Ses principales qualités deviennent aussi ses principales contraintes dès que la prise de vue doit être rapide ou que l’on s’éloigne de ses usages privilégiés.
- Mise au point entièrement manuelle : précise sur trépied, mais moins pratique en portrait ou sur un sujet mobile.
- Réglages relativement lents : chaque modification de bascule impose de contrôler à nouveau la mise au point.
- Décentrement peu utilisé à 85mm : la focale demande souvent trop de recul pour photographier un bâtiment dans son ensemble.
- Rapport maximal de 1:2 : suffisant pour le packshot, mais trop limité pour certains très gros plans.
Je me souviens avoir acheté des bagues-allonge Kenko transmettant les informations électroniques entre l’objectif et le boîtier afin de dépasser le rapport 1:1. Utilisées avec le PC-E 85mm, elles provoquaient toutefois du vignettage aux rapports de reproduction les plus élevés.
Comme je souhaitais notamment photographier les pistils de fleurs en très gros plan, cette limite a également contribué à ma décision de revendre l’objectif.
Lorsque mon activité de photographie de produit a diminué, il était déjà devenu beaucoup moins indispensable. Son usage principal se limitait alors à quelques essais de bascule créative, pour lesquels le freelensing m’offrait davantage de liberté.
Caractéristiques techniques
| Monture | Nikon F |
| Format | FX / 24 × 36mm |
| Focale | 85mm |
| Ouverture maximale | f/2.8 |
| Ouverture minimale | f/32 |
| Construction optique | 6 lentilles en 5 groupes, avec traitement nanocristal |
| Angle de champ en format FX | 28°30’ |
| Angle de champ maximal avec décentrement | 37°50’ |
| Mise au point | Manuelle |
| Distance minimale de mise au point | 0,39m depuis le plan focal |
| Rapport de reproduction maximal | 1:2, soit 0,50× |
| Nombre de lamelles de diaphragme | 9, arrondies |
| Décentrement maximal | ±11,5mm |
| Bascule maximale | ±8,5° |
| Rotation | ±90°, avec positions crantées tous les 30° |
| Disposition des mouvements | Bascule et décentrement perpendiculaires dans la configuration d’origine |
| Stabilisation | Non |
| Diamètre de filtre | 77mm |
| Parasoleil | Nikon HB-22 |
| Dimensions | Environ 83,5 × 107mm |
| Poids | Environ 635g |
Courbes MTF et formule optique
Courbes MTF et formule optique du Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D - Document Nikon
La formule optique du Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D comprend six lentilles réparties en cinq groupes. Les courbes MTF publiées par Nikon montrent un contraste très élevé à 10 lignes par millimètre, avec des courbes sagittales et méridionales proches sur l’ensemble du champ. À 30 lignes par millimètre, le niveau de résolution reste élevé au centre puis diminue progressivement vers les bords, davantage dans le sens sagittal. Cette baisse est cohérente avec la conception particulière de l’objectif, dont le cercle image doit être suffisamment large pour permettre les mouvements de bascule et de décentrement. En usage centré, notamment en portrait ou en photographie de produit, le capteur exploite principalement la partie la plus performante de l’image, tandis qu’un décentrement important sollicite davantage les zones périphériques du cercle optique.
Conclusion et avis
Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D est une optique spécialisée, particulièrement cohérente pour la photographie de produit, le packshot et les prises de vue rapprochées réalisées sur trépied.
Sa principale qualité réside dans la possibilité d’orienter le plan de netteté dès la prise de vue. Sa définition, son traitement nanocristal et le rendu naturel de sa focale en font également un excellent objectif pour le portrait posé.
Sa mise au point manuelle, la lenteur de ses réglages, le rapport maximal limité à 1:2 et l’utilité assez occasionnelle du décentrement à cette focale réduisent néanmoins sa polyvalence. Pour un photographe réalisant régulièrement des catalogues, des natures mortes ou des objets techniques, il reste un outil très intéressant. Pour une pratique plus occasionnelle, un objectif macro autofocus sera souvent plus simple à utiliser.
Mon avis repose exclusivement sur l’utilisation de cet objectif avec des reflex Nikon plein format, principalement les Nikon D610 et D800. Je ne l’ai jamais utilisé sur un boîtier hybride Nikon Z avec une bague FTZ et ne peux donc pas donner d’avis pratique sur son ergonomie ou son comportement dans cette configuration.
Je conserve le souvenir d’un objectif optiquement excellent et techniquement passionnant, mais dont l’intérêt dépend étroitement des sujets photographiés et de la fréquence à laquelle ses mouvements sont réellement nécessaires.
FAQ
Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D est-il un véritable objectif macro ?
Il permet la photographie rapprochée avec un rapport maximal de 1:2, soit 0,50×. Il ne reproduit donc pas le sujet à sa taille réelle sur le capteur comme un objectif macro 1:1, mais son grossissement est suffisant pour de nombreux produits, composants électroniques et natures mortes.
La bascule augmente-t-elle la profondeur de champ ?
Elle modifie surtout l’orientation du plan de netteté. En appliquant la loi de Scheimpflug, il est possible d’aligner ce plan avec une surface qui n’est pas parallèle au capteur. Le sujet peut ainsi apparaître net sur une plus grande profondeur sans fermer excessivement le diaphragme.
Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D est-il adapté au portrait ?
Oui. Sa focale de 85mm et son excellente définition conviennent très bien au portrait posé en studio. Lors de mes séances avec des flashes Profoto, je l’utilisais généralement entre f/5.6 et f/8. Sa mise au point manuelle le rend toutefois moins pratique qu’un objectif autofocus lorsque le sujet bouge ou que la lumière pilote est faible.
Peut-on utiliser le décentrement du PC-E 85mm en photographie d’architecture ?
Oui, mais la focale de 85mm exige généralement beaucoup de recul. Il convient davantage aux détails architecturaux, aux façades photographiées à distance et aux compositions serrées qu’aux vues générales d’un bâtiment. Pour ces dernières, un objectif à décentrement de 17mm, 19mm ou 24mm est généralement plus adapté.
Le Nikon PC-E Micro NIKKOR 85mm f/2.8D remplace-t-il le focus stacking ?
Pas dans toutes les situations. La bascule permet d’aligner le plan de netteté avec la surface principale d’un sujet. Lorsque plusieurs éléments importants se trouvent sur des plans très différents, l’empilement de plusieurs mises au point reste plus efficace.
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À propos de l’auteur
Sebastien Desnoulez est photographe professionnel basé à Paris, spécialisé en photographie d’architecture, de paysage et de voyage. Formé à la photographie au milieu des années 1980, il a couvert des compétitions de Formule 1 et réalisé des reportages à travers le monde, avant de se consacrer à une photographie d’art exigeante, mêlant composition, lumière et émotion. Il partage aussi son expérience technique à travers des articles pratiques destinés aux photographes passionnés, en s’appuyant sur une solide culture de l’image acquise en argentique comme en numérique.
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