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VALOI easy35 v2 - Photo : © Sebastien Desnoulez
VALOI easy35 v2 - Photo : © Sebastien Desnoulez

VALOI easy35 v2 : la meilleure solution pour numériser négatifs et diapositives 35 mm ?

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23 juillet 2026   -    Catégorie :    -    Sebastien Desnoulez

J’utilisais jusqu’à présent un JJC FDA K-1 pour numériser mes archives argentiques en 35 mm. J’ai décrit cette méthode dans mon article consacré aux différentes solutions permettant de scanner ses photographies argentiques, après avoir comparé un scanner à plat Epson, plusieurs Nikon Coolscan et la reproduction avec un appareil photo numérique.

Le JJC FDA K-1 donne d’excellents résultats. Une grande partie des photographies publiées dans la catégorie Photographie argentique a été numérisée avec cet accessoire, un Nikon Z8 et un objectif macro.

Il présente toutefois deux limites lorsqu’il faut numériser de grandes quantités de films : sa cadence de travail et l’impossibilité de reproduire l’intégralité du négatif avec son bord noir. Le VALOI easy35 v2 promet de résoudre ces deux problèmes grâce à des passe-vues plus rapides et mieux adaptés à la reproduction des films en bande.

Pourquoi remplacer le JJC FDA K-1 ?

Le principal défaut du JJC FDA K-1 apparaît lorsqu’il faut traiter de gros lots d’images.

Pour les diapositives, le support permet d’alterner entre deux vues : l’une se trouve devant l’objectif pendant que la suivante attend son tour. Cela reste simple, mais chaque diapositive doit être placée dans le support, puis celui-ci doit être déplacé devant l’objectif.

Pour les négatifs, un second passe-vues accepte une bande de six images. Le plastique recouvre toutefois une petite partie des bords du film. Cela ne gênera probablement pas la majorité des photographes, mais il devient impossible de numériser l’intégralité de la vue avec son bord noir.

Pourquoi conserver le bord noir du négatif ?

Ce point est important pour les photographes formés à une époque où le cadrage devait être finalisé dès la prise de vues.

Henri Cartier-Bresson faisait tirer ses photographies avec un mince filet noir correspondant au bord du négatif. Celui-ci démontrait que l’image n’avait pas été recadrée sous l’agrandisseur.

Certains trouveront cette exigence prétentieuse ou inutilement contraignante. Elle fait pourtant partie de ma formation photographique.

J’ai commencé la photographie en 1984 en lisant notamment le magazine Photo Reporter, les livres de Jean-Loup Sieff, ceux d’Henri Cartier-Bresson et de nombreux autres photographes. À cette époque, présenter un book composé d’images parfaitement cadrées constituait un véritable sésame pour démarcher les agences de presse.

Les reportages étaient souvent réalisés en diapositives, puis distribués aux rédactions sous forme de duplicatas. Le cadrage devait donc être suffisamment abouti dès la prise de vues pour que l’image puisse être transmise dans son intégralité. Le magazine ou le journal restait ensuite libre de la recadrer selon les contraintes de sa maquette. En lui fournissant l’image entière, on évitait qu’il doive travailler à partir d’un duplicata déjà recadré, ce qui aurait encore réduit la surface utile du film et dégradé la qualité à l’impression.

Pouvoir reproduire aujourd’hui le bord du négatif me permet de retrouver le cadrage original, sans la légère amputation imposée par un passe-vues trop étroit.

Pourquoi choisir le VALOI easy35 v2 ?

Paul Khayat m’avait recommandé les solutions VALOI. L’idée a progressivement fait son chemin et j’ai finalement commandé un easy35 v2.

Je ne détaillerai pas ici toutes les différences avec la première version. L’easy35 d’origine utilisait davantage de pièces imprimées en 3D et une source lumineuse avec un dépoli. La version v2 adopte un boîtier principal en plastique injecté et une nouvelle source lumineuse composée d’un dôme réfléchissant, conçu pour répartir plus régulièrement l’éclairage. Toutes ces caractéristiques sont précisément décrites sur le site du fabricant.

Mon objectif était surtout de disposer :

  • d’un passe-vues pour négatifs en bande laissant apparaître les perforations et les bords du film ;
  • d’un passe-vues pour diapositives permettant de travailler rapidement ;
  • d’un système fermé, stable et directement fixé sur l’objectif ;
  • d’une solution de dépoussiérage intégrée.

Le passe-vues pour diapositives est particulièrement bien pensé. La diapositive suivante pousse celle qui vient d’être photographiée et l’éjecte du support. Il n’est plus nécessaire de retirer un tiroir, de remplacer la diapositive, puis de replacer l’ensemble devant l’objectif.

VALOI easy35 v2 - Passe-vues pour diapositives - Photo © Sebastien DesnoulezVALOI easy35 v2 – Passe-vues pour diapositives – Photo © Sebastien Desnoulez

J’ai également ajouté à ma commande la brosse antistatique VALOI. Elle se fixe magnétiquement sur le boîtier et réalise un dernier dépoussiérage du film, après le passage d’un pinceau et de la poire soufflante.

VALOI easy35 v2 - Brosse antistatique Duster à fixation magnétique - Photo © Sebastien DesnoulezVALOI easy35 v2 – Brosse antistatique Duster à fixation magnétique – Photo © Sebastien Desnoulez

Un passe-vues fabriqué spécialement par VALOI

Avec le JJC FDA K-1, mon fils avait modifié et imprimé en 3D un cache pour diapositives afin que je puisse reproduire les négatifs avec leurs bords.

Cette solution fonctionnait, mais elle m’obligeait à découper les bandes négatives pour insérer chaque vue individuellement dans le cache.

VALOI maîtrisant visiblement très bien l’impression 3D, je les ai contactés pour savoir s’ils pouvaient me proposer une solution plus fiable. J’avais déjà échangé avec eux avant mon achat afin de vérifier le contenu du kit pour diapositives et le contact avait été particulièrement professionnel.

Arild m’a finalement proposé de fabriquer spécialement pour moi un porte-film magnétique destiné à recevoir une seule vue. L’une des deux parties comporte un logement en creux qui positionne précisément le film. L’autre possède un léger relief qui maintient le négatif à plat et limite sa courbure.

VALOI easy35 v2 – Les deux parties du porte-film magnétique fabriqué spécialement par VALOI – Photos © Sebastien Desnoulez

Le résultat est beaucoup plus abouti que ce que j’espérais.

Certaines entreprises ont encore la capacité d’émerveiller leurs clients et de les transformer en ambassadeurs.

Installation sur le Nikon Z8

Le fonctionnement général est proche de celui du JJC FDA K-1. Le bloc contenant le passe-vues et la source lumineuse se fixe directement à l’avant de l’objectif.

L’easy35 v2 est livré avec sept segments de tubes :

  • cinq tubes de 40 mm ;
  • un tube de 20 mm ;
  • un tube de 10 mm.

Ces éléments permettent d’adapter la distance séparant l’objectif du film. Le diamètre natif des tubes est de 62 mm, ce qui correspond directement à mes deux objectifs macro : le Sigma MACRO 105 mm F2.8 EX DG OS HSM et le Nikon Nikkor Z MC 50 mm f/2.8.

Je n’ai donc pas besoin d’utiliser les bagues de réduction fournies avec le VALOI.

Avec le Sigma 105 mm, j’utilise trois tubes de 40 mm complétés par celui de 10 mm.

Avec le Nikon Z MC 50 mm, j’utilise un tube de 40 mm et celui de 20 mm.

Dans les deux configurations, j’ajoute une bague allonge Meike de 11 mm. Celle-ci augmente le tirage mécanique entre l’objectif et le capteur, réduit la distance minimale de mise au point et permet d’obtenir le grandissement nécessaire.

VALOI easy35 v2 - Installation avec Nikon Z8 et Sigma 105 mm Macro - Photo © Sebastien DesnoulezVALOI easy35 v2 – Installation avec Nikon Z8 et Sigma 105 mm Macro – Photo © Sebastien Desnoulez

Un cadrage moins précis qu’avec le JJC

Le JJC possédait un tube coulissant dans sa partie terminale. Il permettait d’ajuster précisément le cadrage afin que la diapositive ou le négatif occupe presque toute la surface du capteur.

Les tubes livrés avec le VALOI ont une longueur fixe. Il faut trouver la meilleure combinaison possible, mais il reste généralement une petite partie du passe-vues autour de l’image.

VALOI easy35 v2 - Aperçu du négatif sur l’écran du Nikon Z8 - Photo © Sebastien DesnoulezVALOI easy35 v2 – Aperçu du négatif sur l’écran du Nikon Z8 – Photo © Sebastien Desnoulez

VALOI propose désormais en option un hélicoïde offrant 20 mm d’ajustement continu, mais je ne l’ai pas testé.

Avec les tubes standards, il est nécessaire de recadrer chaque fichier dans Lightroom ou Photoshop. Sur le capteur de 45 mégapixels du Nikon Z8, cette perte reste peu importante. La définition disponible demeure supérieure à la résolution réellement enregistrée par la plupart des films 35 mm que je numérise, comme je l’explique dans mon article Comparatif de résolution : capteurs numériques vs pellicule argentique.

Nikon Z MC 50 mm ou Sigma 105 mm Macro ?

J’ai commencé mes essais avec les deux objectifs.

Ma préférence allait initialement au Nikon Z MC 50 mm f/2.8. Il est beaucoup plus compact que le Sigma 105 mm et permet d’obtenir un ensemble plus court et plus léger.

J’ai cependant remarqué une déformation en barillet sur les bords des négatifs. Les lignes droites se courbent vers l’extérieur, donnant à l’image une forme légèrement bombée, comparable à celle d’un tonneau.

Cette déformation reste visible malgré l’activation des corrections intégrées au boîtier et du profil de l’objectif dans Lightroom.

Dans Lightroom, j’obtiens des lignes plus régulières en ouvrant le panneau Corrections de l’objectif, puis en abaissant la valeur de Déformation de 100 à environ 77.

J’avais déjà pressenti ce phénomène avec le JJC FDA K-1. Le passe-vues du VALOI, qui permet de voir les bords rectilignes du négatif, le rend beaucoup plus évident.

J’ai donc définitivement choisi le Sigma MACRO 105 mm F2.8 EX DG OS HSM. Il est plus encombrant, mais sa planéité de champ, sa netteté et sa très faible distorsion conviennent parfaitement à ce travail de reproduction.

Qualité et régularité de la lumière

Avec les diapositives, je n’ai observé aucun défaut particulier. L’éclairage est correctement réparti sur toute la surface de l’image, sans assombrissement visible dans les angles.

Le comportement peut être légèrement différent avec certains négatifs noir et blanc très contrastés.

Les zones sombres de l’image finale correspondent aux parties les plus transparentes du négatif. Sur certains de mes films Ilford HP5 développés de manière assez contrastée à l’époque, en particulier ceux exposés à 1600 ISO, ces zones contiennent très peu de densité.

Lorsque j’accentue fortement le contraste lors du développement numérique, la lumière traversant les perforations peut légèrement diffuser vers les bords de l’image. Le phénomène reste extrêmement discret et n’est visible que dans des conditions particulières.

VALOI easy35 v2 - Flare dû à un film très sous-exposé : Ilford HP5 exposé à 1600 ISO avec pour seul éclairage le plafonnier de la voiture - Photo © Sebastien DesnoulezVALOI easy35 v2 – Flare dû à un film très sous-exposé : Ilford HP5 exposé à 1600 ISO avec pour seul éclairage le plafonnier de la voiture – Photo © Sebastien Desnoulez

Il ne s’agit pas d’un défaut de la source lumineuse VALOI, mais d’une conséquence de la très faible densité de certains négatifs réalisés dans des conditions lumineuses difficiles. La plupart des utilisateurs ne rencontreront probablement jamais ce problème, sauf s’ils doivent eux aussi numériser des films de reportage exposés à 1600 ISO.

Mon avis sur le VALOI easy35 v2

Je suis très satisfait de cet achat, ainsi que de la qualité du contact avec VALOI.

La recherche et développement, la conception mécanique, la nouvelle source lumineuse, les passe-vues interchangeables et la précision de fabrication justifient le prix du système.

Le passe-vues pour films en bande permet de faire avancer rapidement le négatif sans l’extraire après chaque vue. Le support pour diapositives est encore plus efficace puisque chaque nouveau cache éjecte automatiquement le précédent.

L’easy35 v2 n’offre évidemment pas l’automatisation intégrale d’un chargeur Nikon SF-200 monté sur un Coolscan LS-4000 ou d’un système SlideSnap Pro utilisant un projecteur Kodak Carousel. Il permet néanmoins d’atteindre une cadence élevée, sans dépendre d’un scanner ancien, d’une mécanique complexe ou d’un appareil difficile à entretenir.

Pour mon usage, cette simplicité est préférable à une véritable usine à gaz.

Les solutions les plus simples sont souvent les plus efficaces, à condition d’avoir été réellement bien pensées.

À propos de l’auteur

Sebastien Desnoulez est photographe, auteur et créateur d’images, basé à Paris. Son travail traverse la photographie d’architecture, de paysage et de voyage, avec une attention particulière portée à la composition, aux lignes, à la lumière, au flou et aux accidents visuels. Formé à la photographie au milieu des années 1980, il a couvert des compétitions de Formule 1 et réalisé des reportages à travers le monde, avant de développer une photographie d’art fondée sur la tension entre rigueur graphique et instabilité visuelle. Il partage aussi son expérience technique à travers des articles pratiques destinés aux photographes passionnés, en s’appuyant sur une solide culture de l’image acquise en argentique comme en numérique.

FAQ sur le VALOI easy35 v2

Pourquoi utiliser le VALOI easy35 v2 plutôt qu’un scanner de films ?

Le VALOI easy35 v2 permet de numériser les négatifs et les diapositives avec un appareil photo numérique. Associé à un capteur haute définition et à un bon objectif macro, il offre une excellente qualité d’image tout en réduisant fortement le temps nécessaire à la numérisation de grandes quantités de films.

Peut-on numériser le bord noir du négatif avec le VALOI easy35 v2 ?

Oui, à condition d’utiliser un passe-vues dont l’ouverture laisse apparaître les bords et les perforations du film. Le passe-vues pour négatifs en bande que j’ai choisi permet de conserver le cadrage original sans tronquer l’image.

Quel objectif utiliser avec le VALOI easy35 v2 ?

J’ai testé le Nikon Nikkor Z MC 50 mm f/2.8 et le Sigma MACRO 105 mm F2.8 EX DG OS HSM. Le Nikon est plus compact, mais le Sigma 105 mm produit dans ma configuration une image plus régulière, avec une meilleure planéité de champ et une distorsion beaucoup plus faible.

Quels tubes utiliser avec le Sigma 105 mm et le Nikon Z MC 50 mm ?

Avec le Sigma 105 mm, j’utilise trois tubes de 40 mm et un tube de 10 mm. Avec le Nikon Z MC 50 mm, j’utilise un tube de 40 mm et un tube de 20 mm. Dans les deux cas, j’ajoute une bague allonge Meike de 11 mm.

La lumière du VALOI easy35 v2 est-elle homogène ?

Sur les diapositives, l’éclairage est régulier sur toute la surface de l’image. Sur quelques négatifs noir et blanc très transparents, notamment certains Ilford HP5 exposés à 1600 ISO et développés de manière contrastée, une très légère diffusion de la lumière provenant des perforations peut apparaître près des bords.

Le VALOI easy35 v2 permet-il de numériser rapidement des diapositives ?

Oui. Le passe-vues pour diapositives permet d’insérer un nouveau cache qui pousse et éjecte automatiquement celui qui vient d’être photographié. Cette conception simple accélère considérablement le travail par rapport à un support qu’il faudrait retirer et repositionner après chaque vue.

Cet article n’est pas sponsorisé. Le VALOI easy35 v2 et ses accessoires ont été achetés pour la numérisation de mes archives photographiques.

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