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Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez
Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires au Leica M6, pendant le GP d'Argentine F1 1995

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9 septembre 2026   -    Catégorie : , ,    -    Sebastien Desnoulez

En avril 1995, je suis parti à Buenos Aires couvrir le retour du Grand Prix de Formule 1 d'Argentine pour l'agence DPPI. Entre deux journées de travail sur le circuit, j'ai photographié la ville avec un Leica M6 et un Elmarit-M 28mm f/2,8 que je venais d'acheter aux États-Unis. Ces quelques films constituent à la fois un témoignage sur Buenos Aires il y a plus de trente ans et le souvenir de ma courte expérience avec un appareil qui, malgré ses qualités, ne correspondait finalement pas à ma manière de photographier.

De Phoenix à Buenos Aires

Au début du mois d'avril 1995, l'agence DPPI m'avait envoyé couvrir deux courses successives sur le continent américain.

La première était la course d'IndyCar de Phoenix, en Arizona, disputée le dimanche 2 avril. Une semaine plus tard, le 9 avril, la Formule 1 faisait son retour en Argentine après quatorze années d'absence.

Je rentrais des États-Unis le mardi matin et passais directement à l'agence pour déposer les films de Phoenix afin qu'ils soient développés. Je rentrais ensuite chez moi refaire entièrement mon sac, passant d'un environnement désertique qui commençait à devenir chaud avec le printemps en Arizona à l'automne austral de Buenos Aires, nettement plus froid et humide. Je repartais en fin d'après-midi pour l'Argentine.

J'aurais probablement pu trouver un itinéraire entre les États-Unis et Buenos Aires sans repasser par la France, mais en 1995 la remise physique des films à l'agence restait incontournable. Le numérique n'existait pas encore dans notre travail quotidien et les images de la course de Phoenix devaient revenir à Paris avec le photographe.

Cette escale express avait également une conséquence : je n'avais pas eu le temps de faire développer le moindre film d'essai du Leica M6 que je venais d'acheter.

Un Leica M6 acheté à Phoenix

Pendant mon séjour en Arizona, j'avais acheté par correspondance un Leica M6 accompagné d'un Elmarit-M 28mm f/2,8 III, référence 11804.

L'ensemble m'avait coûté environ $2500, soit à l'époque 12 500 FF.

Ce n'était déjà plus la dernière version du 28mm Leica. Le modèle IV, plus compact, venait de lui succéder. Mon exemplaire appartenait à la génération précédente, relativement longue et équipée d'un imposant pare-soleil.

À cette époque, je travaillais principalement avec des Canon EOS-1. J'avais également beaucoup photographié auparavant au Nikon 24mm et utilisais alors régulièrement le zoom Canon 20-35mm f/2,8. Le 28mm constituait donc déjà pour moi une concession par rapport aux focales très larges auxquelles j'étais habitué.

Le M6 n'était pas destiné à remplacer mes Canon. Je cherchais un boîtier personnel compact, discret et léger que je pourrais emporter en complément de mon matériel professionnel.

Buenos Aires allait être son premier véritable essai.

Trois photographes DPPI au Grand Prix d'Argentine

Nous étions trois photographes de DPPI à Buenos Aires : Gilles Levent, François Baudin et moi.

Nous couvrions naturellement le Grand Prix pour la presse internationale, mais une partie importante de notre travail concernait les clients commerciaux de l'agence : Renault, Peugeot Sport, Total et Rothmans, sponsor principal de Williams-Renault.

À l'arrivée d'Ayrton Senna chez Williams en 1994, Rothmans avait constitué un dispositif média important. La marque travaillait notamment avec DPPI, une agence anglaise, une équipe vidéo et un rédacteur de Reuters.

Nous sommes arrivés à Buenos Aires le mercredi. Entre les opérations promotionnelles organisées avant le début du week-end de course, nous disposions encore d'un peu de temps pour découvrir la ville.

Quelques heures dans Buenos Aires

François Baudin connaissait bien l'Argentine pour y être venu plusieurs fois à l'occasion du Rallye d'Argentine. Il m'avait emmené dans plusieurs endroits de Buenos Aires, notamment à La Boca.

Nous étions allés dans un bar fréquenté par des voyageurs du monde entier. Les murs, le plafond et jusqu'au comptoir étaient couverts de billets de banque laissés par des visiteurs de toutes nationalités.

Ce qui me frappait dans Buenos Aires était notamment le parc automobile. Beaucoup de voitures, autobus et véhicules utilitaires me semblaient déjà anciens en 1995. Certaines rues du centre étaient élégantes et très animées, tandis que d'autres quartiers populaires présentaient des façades beaucoup plus fatiguées.

Les photographies montrent ce contraste.

Je ne disposais pas du temps que j'aurais consacré à un véritable reportage sur la ville. Je photographiais au cours de promenades de quelques heures, sans pouvoir revenir sur les lieux ni attendre longuement qu'une scène se mette en place.

Ces images me paraissent aujourd'hui assez simples, parfois même banales. Mais plus de trente ans plus tard, c'est justement ce caractère ordinaire qui m'intéresse : elles montrent ce que l'on pouvait voir dans les rues de Buenos Aires en avril 1995, au début de l'automne austral.

Le salon de coiffure, le lundi matin

Le lundi matin, avant notre vol de retour vers Paris, je suis ressorti seul avec le Leica.

Je me souviens avoir marché aux alentours de notre hôtel, dans le centre de Buenos Aires. C'est au cours de cette dernière promenade que j'ai probablement réalisé la photographie que je trouve aujourd'hui la plus intéressante de la série.

Salon de coiffure dans le centre de Buenos Aires en avril 1995
Salon de coiffure dans le centre de Buenos Aires, photographié le lundi matin avant mon retour à Paris. Leica M6, Elmarit-M 28mm f/2,8, Ilford HP5 Plus.

Je photographie le salon depuis l'extérieur, à travers sa grande vitrine. Plusieurs clients sont installés devant les miroirs pendant que les coiffeurs travaillent. Les fauteuils d'attente occupent le premier plan, derrière la vitre, tandis que l'éclairage fluorescent et les grands miroirs donnent à l'intérieur une lumière très différente de celle de la rue. Les montants de la vitrine divisent l'image à la manière des cases d'une bande dessinée, chacune racontant une scène différente. Dans la première, la coupe est terminée : le client s'observe dans le miroir et chasse d'un geste les cheveux tombés sur son épaule. Dans les autres, les coiffeurs s'affairent autour de leurs clients respectifs.

Il ne s'y passe rien d'exceptionnel. C'est une scène quotidienne, mais c'est justement ce qui lui donne aujourd'hui son intérêt documentaire.

Photographier au télémétrique après des années de reflex

En revoyant les négatifs aujourd'hui, je retrouve assez précisément les sensations que j'avais éprouvées avec le Leica M6.

La première concernait le cadrage.

Avec mes reflex Nikon puis Canon, j'avais pris l'habitude de construire l'image directement dans le viseur en contrôlant précisément les bords du cadre et surtout le parallélisme des verticales.

Le viseur télémétrique du Leica me donnait une sensation de moindre précision sur ce point. Je ne regardais plus directement à travers l'objectif comme sur un reflex : l'image était délimitée par un cadre lumineux à l'intérieur du viseur.

Il ne s'agit pas d'un problème de correction de parallaxe au sens technique, mais simplement d'une manière très différente de cadrer. J'avais le sentiment d'avoir moins de contrôle sur les limites exactes de l'image et sur mes verticales.

Le résultat est finalement moins approximatif que ce que mes souvenirs m'avaient laissé croire. En regardant aujourd'hui l'ensemble des négatifs, les cadrages et les verticales sont généralement mieux maîtrisés que je ne le pensais.

En revanche, je constate souvent une quantité d'espace assez importante dans la partie basse des photographies.

Avec le recul, un 35mm aurait peut-être davantage correspondu à ma manière de cadrer. Il m'aurait permis de resserrer un peu les images tout en conservant une focale suffisamment large pour la photographie de rue.

Mon "accident Leica"

Une photographie résume à elle seule l'une des difficultés que je rencontrais avec cette configuration.

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez
Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Sur la photo ci-dessus, un passant apparaît flou dans le coin inférieur droit de l'image. Je ne l'avais manifestement pas vu entrer dans le champ.

Je l'appelle aujourd'hui mon "accident Leica".

L'Elmarit-M 28mm f/2,8 III était relativement volumineux et son pare-soleil empiétait fortement dans la partie inférieure droite du viseur du M6. Une partie de ce que l'objectif enregistrait était donc masquée dans le viseur.

Sur un reflex, le passant aurait été immédiatement visible puisque j'aurais regardé directement à travers l'objectif. Avec le Leica, il se trouvait précisément dans la zone occultée par l'objectif et son pare-soleil.

Cette photographie illustre mieux qu'un long discours l'une des raisons pour lesquelles le système M ne correspondait pas totalement à ma façon de cadrer.

Changer un film sur un Leica M6

Un autre détail d'utilisation m'avait demandé un petit temps d'adaptation : le chargement du film.

Sur la plupart des reflex 24x36, le dos est monté sur charnière et s'ouvre largement. On place la cartouche dans son logement, on tire l'amorce jusqu'à la bobine réceptrice, puis on referme le boîtier.

Le Leica M conserve une conception beaucoup plus ancienne. Il faut d'abord retirer entièrement la semelle du boîtier, qu'il faut tenir à la main, poser quelque part ou glisser dans une poche. Une petite trappe arrière permet ensuite d'accéder au passage du film devant l'obturateur. Il faut introduire la cartouche, tirer suffisamment l'amorce et l'engager correctement dans le système d'entraînement avant de remettre la semelle.

Chargement du film sur un Leica M
Chargement d'un film sur un Leica M : la semelle du boîtier doit être entièrement retirée. Photo : Leica.

Ce n'est pas très compliqué et, après deux ou trois films, le geste devient naturel. Mais le changement reste un peu moins immédiat que sur un reflex doté d'un dos articulé.

J'étais pourtant déjà habitué à une conception comparable avec le Nikon F. Sur celui-ci, le dos et la semelle forment également une seule pièce qu'il faut retirer complètement.

Dos amovible du Nikon F pour le changement de film
Sur le Nikon F, le dos et la semelle sont solidaires et se retirent ensemble pour remplacer le film.

La différence est que l'arrière du Nikon F devient alors totalement accessible. Même s'il faut également tenir ou poser le dos pendant le changement, le passage du film est particulièrement dégagé et le rechargement me semblait plus simple.

Des vitesses lentes à main levée

Le Leica présentait en revanche un avantage évident lorsque la lumière diminuait.

La semaine avait été marquée par un ciel souvent couvert et une lumière assez faible. J'utilisais pour ces photographies noir et blanc de l'Ilford HP5 Plus 400 ISO.

Sur la planche contact, plusieurs images de Buenos Aires montrent des personnes ou des véhicules en mouvement devenus flous alors que les bâtiments restent nets. J'avais donc utilisé à plusieurs reprises des vitesses suffisamment lentes pour enregistrer leur déplacement.

La photographie réalisée dans le bar en donne un bon exemple.

Bar couvert de billets de banque à Buenos Aires en 1995, photographié au Leica M6
Un bar de Buenos Aires dont les murs étaient couverts de billets de banque du monde entier. Leica M6, Elmarit-M 28mm f/2,8, Ilford HP5 Plus, avril 1995.

Sur la photo ci-dessus, presque tout le décor est net : le comptoir, les billets de banque, la serveuse derrière le bar, les bouteilles et la machine à café. En revanche, une seconde serveuse qui traverse la partie droite de l'image devient presque transparente sous l'effet de son mouvement.

La vitesse d'obturation devait donc être relativement basse.

Sur une autre photographie, j'ai suivi un autobus pendant le déclenchement. Le véhicule est relativement net tandis que son environnement présente un léger flou de mouvement. Compte tenu de sa vitesse, j'étais peut-être simplement autour du 1/60s, ce qui n'a évidemment rien d'un exploit, mais le piqué de l'Elmarit reste bien visible malgré le grain de l'HP5 Plus.

Bus à Buenos Aires en 1995, photographié au Leica M6
Bus public de Buenos Aires. Leica M6, Elmarit-M 28mm f/2,8, Ilford HP5 Plus, avril 1995.

Ces images rappellent néanmoins l'un des avantages pratiques du Leica M. Il n'y a pas de miroir à relever au moment du déclenchement et donc pas de choc de miroir susceptible de provoquer des vibrations comme sur un reflex. L'obturateur reste bien entendu une pièce mobile, mais le boîtier permet de travailler confortablement à des vitesses basses lorsque le photographe est stable.

L'Elmarit 28mm confirmait également la réputation des optiques Leica. J'ai consacré un article distinct à la question du rendu des objectifs Leica et à ce qui peut réellement distinguer leur rendu photographique.

Un Grand Prix sous une météo difficile

Le voyage était évidemment avant tout professionnel.

Dans les stands, nous enchaînions les photographies destinées à l'agence et à nos différents clients. Je me souviens notamment d'Eddie Irvine, alors pilote de Jordan-Peugeot, qui m'avait demandé de le photographier avec les Miss argentines présentes dans les stands.

Eddie Irvine pose avec les Miss F1 locales - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez
Eddie Irvine pose avec les Miss F1 locales - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Les conditions météo avaient été mauvaises pendant une grande partie des essais et des qualifications. La piste était régulièrement détrempée et la lumière souvent faible.

L'une des photographies de la McLaren a été réalisée sur la voie de décélération menant vers les stands. Une flaque d'eau importante s'était formée à cet endroit et les monoplaces roulaient dedans en ralentissant.

Mika Häkkinen / McLaren - GP d'Argentine F1 1995 - Photo : © Sebastien Desnoulez
Mika Häkkinen / McLaren - GP d'Argentine F1 1995 - Photo : © Sebastien Desnoulez

J'avais combiné le flash avec une vitesse d'environ 1/60s. Le bref éclair du flash figeait les gouttes d'eau projetées par la monoplace tandis que la vitesse relativement lente conservait un peu de mouvement dans l'image.

C'est une technique que j'utilisais régulièrement en sport automobile, particulièrement en rallye : le flash ne servait pas seulement à apporter de la lumière, mais à isoler certains détails tout en conservant une sensation de vitesse grâce à l'obturation lente.

Le dimanche, pendant la course, je n'ai pas le souvenir d'avoir réalisé des photographies particulièrement marquantes.

J'avais surtout été bloqué dans la pitlane afin de réaliser pour Rothmans ou Renault une photographie d'arrêt aux stands.

C'était aussi une réalité du travail pour une agence comme DPPI : la photographie la plus spectaculaire n'était pas nécessairement celle dont le client avait besoin. Lorsqu'un sponsor demandait une image précise, il fallait se trouver au bon endroit au moment prévu, même si cela signifiait renoncer à d'autres positions autour du circuit.

Trois mois avec un Leica M6

De retour à Paris, j'ai encore réalisé un film avec le Leica.

Cette dernière pellicule a confirmé ce que j'avais commencé à comprendre à Buenos Aires.

Le M6 était remarquablement construit, compact, discret et particulièrement agréable lorsque la lumière imposait des vitesses lentes. L'Elmarit-M 28mm était excellent et les négatifs le confirment encore aujourd'hui.

Mais l'appareil ne correspondait pas totalement à ma façon de construire une photographie.

J'avais besoin de voir très précisément dans le viseur ce que l'objectif enregistrait, en particulier pour contrôler les limites du cadre et les verticales. J'étais trop habitué aux reflex pour que le fonctionnement du viseur télémétrique devienne réellement naturel.

J'avais acheté le Leica M6 et son 28mm environ $2500, soit 12 500 FF. Je les ai revendus à Paris en juillet 1995 pour 15 000 FF.

Mon expérience du système Leica M aura donc duré environ trois mois.

Est-ce que je rachèterais un Leica M aujourd'hui ?

Plus de trente ans ont passé et la question pourrait se poser différemment aujourd'hui.

Je prends beaucoup de plaisir à redécouvrir mes archives argentiques, que je numérise progressivement avec le VALOI easy35 v2.

Certains reportages prennent même une dimension nouvelle lorsque je les revois aujourd'hui, qu'il s'agisse des patrouilles de police à Dallas en 1987, de Beyrouth en 1991 et 1992 ou de mon retour à Prague en mars 1991.

La dynamique du capteur du Nikon Z8 utilisé pour la numérisation et les possibilités offertes par Lightroom me permettent aujourd'hui d'extraire de mes négatifs un résultat proche de ce que je cherchais autrefois au laboratoire argentique, avec une latitude de travail encore supérieure.

Cela ne signifie pourtant pas que j'ai envie de recommencer à photographier sur film.

L'argentique conserve une part de magie, notamment parce que le résultat exact de la prise de vue ne sera découvert qu'après le développement. Mais j'ai entrepris un travail considérable de numérisation de mes archives, parallèlement à la rédaction des articles de ce site. Je n'ai aucune envie d'ajouter à cela le développement puis la numérisation de nouveaux films.

Surtout, les appareils hybrides actuels, et en particulier le système Nikon Z que j'utilise aujourd'hui, correspondent techniquement à ce que j'ai longtemps attendu d'un appareil photographique.

Pour autant, ayant été formé à la photographie argentique, j'en conserve les réflexes, sans jeu de mots. Je construis mes photographies dans le viseur et reste sélectif avant de déclencher. Le numérique ne m'a jamais conduit à accumuler des centaines d'images en me disant que je ferais le tri plus tard.

Le prix d'un Leica aujourd'hui

Il existe aussi une différence considérable avec 1995 : les prix Leica ont changé d'échelle, en particulier pour le matériel neuf.

La réédition du Leica M6 lancée en 2022 était proposée autour de 5 050 € et on la trouve désormais affichée jusqu'à environ 6 000 €. Un Summicron-M 35mm f/2 ASPH neuf coûte environ 3 675 € en finition noire et 3 830 € en finition argent.

Un ensemble M6 et 35mm f/2 neuf approche donc aujourd'hui les 10 000 €.

À mes yeux, Leica est devenu un peu le Hermès ou le Rolex de la photographie. La marque continue bien entendu à produire des outils photographiques remarquables, utilisés par des professionnels et des photographes qui les choisissent pour des raisons techniques, artistiques, de rendu, d'ergonomie ou simplement de préférence personnelle.

Mais Leica est également devenu, pour une partie de sa clientèle, un objet statutaire, de collection et parfois de spéculation. Posséder le boîtier fait alors presque autant partie de l'expérience que photographier avec lui.

Ce n'est pas la partie du monde Leica qui m'intéresse.

Leica M6 ou Nikon Z7 II ?

Il faut toutefois reconnaître au système M un avantage évident : avec un 35mm f/2, un Leica M reste un ensemble extrêmement compact et léger.

Mon Nikon Z7 II est aujourd'hui mon boîtier Nikon plein format le plus compact. Mon Nikkor Z 35mm f/1.8 S est sensiblement plus gros et plus lourd qu'un Summicron-M 35mm f/2.

Sur ce seul critère, le Leica gagne.

Mais au risque de faire réagir les puristes, en particulier ceux qui utilisent réellement ces appareils, le couple Nikon Z7 II et Nikkor Z 35mm f/1.8 S que je possède déjà me permet de réaliser tout ce que je souhaiterais aujourd'hui photographier avec un Leica M.

Et, si j'en juge par certaines photographies réalisées à la tombée de la nuit à Venise, avec à mes yeux autant d'âme.

Palais des Doges et la Lagune depuis le campanile de la place San Marco, Venise - Photo : © Sebastien Desnoulez Photographe Auteur
Palais des Doges et la Lagune depuis le campanile de la place San Marco, Venise - Photo : © Sebastien Desnoulez

J'y retrouve surtout ce qui compte pour moi : un viseur dans lequel je peux construire très précisément mon image, une excellente qualité optique, la stabilisation, une très grande dynamique et la possibilité de travailler dans pratiquement toutes les conditions de lumière.

C'est évidemment un avis personnel, issu de plus de quarante ans de pratique et de toute l'évolution de mon équipement entre photographie argentique et numérique.

Il ne s'agit donc pas d'une croisade contre Leica.

Le M6 demeure un appareil exceptionnel et je comprends parfaitement que d'autres photographes préfèrent sa simplicité, son viseur télémétrique, ses optiques et même le rituel du film. Simplement, l'expérience de 1995 m'avait déjà montré qu'il ne correspondait pas complètement à ma manière de photographier.

Trente et un ans plus tard, je ne vois pas de raison de penser différemment.

À propos de l’auteur

Sebastien Desnoulez est photographe, auteur et créateur d’images, basé à Paris. Son travail traverse la photographie d’architecture, de paysage et de voyage, avec une attention particulière portée à la composition, aux lignes, à la lumière, au flou et aux accidents visuels. Formé à la photographie au milieu des années 1980, il a couvert des compétitions de Formule 1 et réalisé des reportages à travers le monde, avant de développer une photographie d’art fondée sur la tension entre rigueur graphique et instabilité visuelle. Il partage aussi son expérience technique à travers des articles pratiques destinés aux photographes passionnés, en s’appuyant sur une solide culture de l’image acquise en argentique comme en numérique.

Cliquez sur les photographies ci-dessous pour les voir en plein écran.

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Camion De L'unité De Surveillance Vidéo De La Police - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Camion De L'unité De Surveillance Vidéo De La Police - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Camion De L'unité De Surveillance Vidéo De La Police - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Salon de coiffure - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Salon de coiffure - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Vue sur les toits depuis l'hôtel - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Vue sur les toits depuis l'hôtel - Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Buenos Aires En 1995 Au Leica M6, Pendant Le GP D'Argentine   Photo : © Sebastien DesnoulezBuenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires En 1995 Au Leica M6, Pendant Le GP D'Argentine Photo : © Sebastien DesnoulezBuenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

Buenos Aires en 1995 au Leica M6, pendant le GP d'Argentine - Photo : © Sebastien Desnoulez

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Eddie Irvine Pose Avec Les Miss F1 Locales   Buenos Aires En 1995 Au Leica M6, Pendant Le GP D'Argentine   Photo : © Sebastien Desnoulez

Eddie Irvine Pose Avec Les Miss F1 Locales Buenos Aires En 1995 Au Leica M6, Pendant Le GP D'Argentine Photo : © Sebastien Desnoulez

Mika Hakkinen / McLaren - GP d'Argentine F1 1995 - Photo : © Sebastien Desnoulez

Mika Hakkinen / McLaren - GP d'Argentine F1 1995 - Photo : © Sebastien Desnoulez

Mika Hakkinen / McLaren - GP d'Argentine F1 1995 - Photo : © Sebastien Desnoulez

Mika Hakkinen / McLaren - GP d'Argentine F1 1995 - Photo : © Sebastien Desnoulez

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